2007.01.06

Georges Hugnet

Pour les fêtes de Noël, j'ai reçu un cadeau posthume que mon père m'avait commandé. Il avait l'habitude d'acheter d'innombrables livres (notamment pour enrichir sa collection d'ouvrages sur Dalí) sur le site de AbeBooks. Il m'avait déniché notamment il y a quelques années un magnifique ouvrage sur les collages de Max Ernst. Cette fois, le catalogue d'une exposition de collages au Musée d'Unterlinden à Colmar et au Musée d'Art moderne à Villeneuve d'Ascq.

medium_Collages.jpg

Cette exposition réunissait des oeuvres appartenant aux collections de plusieurs dizaines de musées de province en France. Le catalogue est fascinant, car il présente une histoire du collage, en quelque sorte, de la "Nature morte à la chaise cannée" de Picasso (1912), souvent considéré comme le premier collage, aux travaux récents, notamment de Basquiat.

Outre la voie plastique que le collage a ouverte au XXe siècle (déliquescence des frontières entre les formes d'art - peinture, sculpture..), cet ouvrage montre particulièrement le caractère révolutionnaire des collages, l'insertion du quotidien, du réel, dans l'oeuvre d'art, qui sera le fait de la plupart des courants majeurs du XXe siècle, y compris de la photographie. Tristan Tzara écrivait en 1931:

Le papier collé sous tant de différents aspects, marque dans l'évolution de la peinture le moment le plus poétique, le plus révolutionnaire, le touchant essor vers des hypothèses plus viables, une plus grande intimité avec les vérités quotidiennes, l'affirmation invincible du provisoire et des matières temporelles et périssables, la souveraineté de la pensée.

 

Un collage de ce catalogue m'a particulièrement étonné - il est de Georges Hugnet (1906-1974) et date de 1935: "Photomontage". Il ressemble beaucoup à ceux que je réalise. Comme quoi j'aurais du évoluer, je suis 70 ans en retard...

medium_Hugnet.jpg

Source: Collages: collections des musées de province, Colmar: Musée d'Unterlinden, 1990, p. 119.

 

2006.09.19

Adoration

medium_200212-03.2.jpg

2006.07.12

Petit garçon

Petit garçon, tu nages dans le bitume, t'espère rien d'autre que l'amerturme

Tu te hâtes, tu te hâtes, à marcher trop lentement dans les mots

Qui sont pas les tiens

Qui sont ceux des grands

Qui sont ceux qui paraissent

Fais leur un pied de nez

Emmerdez les

Va marcher

Les orteils dans les étoiles 

medium_Numeriser0006.jpg

2005.10.22

Le hasard et la nécessité

Gardons-nous de déclarer qu’il y a des lois dans la nature. Il n’y a que des nécessités : là nul ne commande, nul n’obéit, nul ne transgresse. Dès lors que vous savez qu’il n’y a point de but, vous savez aussi qu’il n’y a point de hasard. Car ce n’est qu’au regard d’un monde de buts que le mot hasard a un sens. [...] Quand donc en aurons-nous fini avec notre précaution et nos soins ? Quand toutes ces ombres de Dieu cesseront-elles de nous obscurcir ? Quand aurons-nous totalement dédivinisé la nature ?

Nietzsche, Le Gai Savoir, O. c. V, §109, 138.

 

medium_200301-01.jpg

2005.04.20

Au fond d'une boîte de pilules

On t'a noyée au fond d'une boîte de pilules
Venue d'on ne sait où,
Tu émerges, parfois
Pour, aussi rapide qu'une pensée,
T'y engoufrer à nouveau

J'use mes os devenus soudainement très vieux
À tenter de de te sortir de ce sable mouvant
Sans m'y enfoncer
Et pourtant je sombre
Je sombre
Un saltimbanque jonglant sur ton sourire

Qui a le faux,
Qui a le vrai?
Le sais-tu?
Le sauras-tu jamais?
Suis-je condamné à l'échec?

medium_200212-05.jpg

2005.04.11

Rien n'est acquis...

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes

Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs

Il n'y a pas d'amour heureux

Mais c'est notre amour à tous les deux

(Louis Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux)

medium_numeriser0007.jpg

2005.03.28

Courage, fuyons !

La fuite n'est, en bout de piste, qu'un détour. Fuire, parce que ça fait trop mal, fuire parce que trop de bruit. Boire, rire, courir. Dormir, surtout. Rêver, la fuite enchantée. L'illusion n'est jamais parfaite, malheureusement; on n'échappe à rien, ni à ses peurs, ni à son bonheur. Le bonheur. Qu'est-ce d'autre qu'un renoncement à la fuite? Un arrêt, un appaisement. Dormir.

medium_fuite.jpg

2005.03.27

Pâques

medium_paques.jpg

2005.03.24

Le miroir aux alouettes

medium_200212-06.jpg
Tu peintures de la fumée de tes rêves
Le miroir de ta vie
T'essaie d'y voir tes yeux
Mais il n'y a que suie
Casse le miroir
Casse le miroir
Casse le miroir

Regarde derrière: ta réalité

2005.03.07

S'évader

La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté.
François Mauriac

medium_evasion.jpg

Toutes les notes